Sécurité et Environnement
Aménager pour le gibier sans nuire à l’environnement
Concilier objectifs cynégétiques et contraintes : diagnostic local, appliquer la séquence éviter‑réduire‑comppenser, vérifier prescriptions et concertation avec

Pour aménager en faveur du gibier sans porter préjudice à l’environnement, il faut concilier objectifs cynégétiques et contraintes réglementaires locales, procéder à un diagnostic et travailler en concertation avec les acteurs compétents (Fédération départementale des chasseurs, OFB, services de l’État, chambre d’agriculture, collectivités). Le SDGC de l’Oise 2025-2031 et la séquence « éviter‑réduire‑compenser » donnent le cadre de référence à respecter avant toute opération.
Introduction : problème posé et approche recommandée

La question centrale est simple : comment créer ou restaurer des éléments de paysage (haies, jachères, mares, bandes enherbées, structures de refuge) qui profitent au gibier sans nuire à la biodiversité, aux usages agricoles ou aux obligations réglementaires ? La réponse passe par trois étapes successives et imbriquées : établir un diagnostic local, appliquer la séquence éviter‑réduire‑compenser, et mettre en place des mesures de gestion concertées et adaptées au territoire.
Le SDGC de l’Oise 2025-2031, validé par arrêté le 9/05/2025, encadre les actions liées à l’équilibre agro‑sylvo‑cynégétique et fixe des règles relatives à l’agrainage et à l’affouragement. La séquence ERC (éviter‑réduire‑compenser) issue du ministère de la Transition écologique structure la démarche de prévention et de limitation des impacts sur les milieux. Ces deux repères institutionnels doivent guider toute décision technique ou opérationnelle.
Avant toute intervention, il faut vérifier les prescriptions locales, identifier les zones protégées ou à contraintes (ENS, zones humides, trames vertes) et contacter les interlocuteurs compétents. Toute action mise en œuvre sans diagnostic territorial et sans concertation comporte un risque de conflit d’usage ou d’impact écologique.
Cadre légal et institutionnel (ce qu’il faut savoir avant d’agir)
Les schémas départementaux de gestion cynégétique (SDGC) organisent l’équilibre agro‑sylvo‑cynégétique au niveau local et fixent des conditions pour certaines pratiques, notamment l’agrainage et l’affouragement. Le SDGC de l’Oise 2025-2031 figure comme document de référence pour le département et a été validé par arrêté le 9/05/2025. Il convient de s’y référer pour connaître les limites et les prescriptions applicables.
La méthodologie « éviter‑réduire‑compenser » du ministère de la Transition écologique impose une séquence d’action : privilégier les mesures qui évitent l’impact, puis réduire ce qui ne peut être évité et enfin compenser le reste. Appliquer cette séquence aux aménagements cynégétiques permet de structurer les choix (implantation, techniques, mesures compensatoires) et d’assurer une trajectoire compatible avec les objectifs environnementaux locaux.
L’Office français de la biodiversité (OFB) insiste sur la nécessité de préserver les continuités écologiques et de limiter l’engrillagement excessif. Des restrictions prévues depuis la référence du 02/02/2023 renforcent ces orientations. Les services de l’État, la fédération départementale des chasseurs, la chambre d’agriculture et les collectivités locales sont les interlocuteurs à solliciter pour obtenir les prescriptions et les autorisations nécessaires.
Au plan réglementaire, des dispositions du Code de l’environnement portant sur l’équilibre agro‑sylvo‑cynégétique (section citée L425‑4 à L425‑5‑1) encadrent certaines pratiques et doivent être consultées via Legifrance pour toute action susceptible d’avoir des impacts significatifs. Les documents d’évaluation environnementale du SDGC listent par ailleurs des objectifs et des actions locales à prendre en compte.
Principes généraux pour aménager sans nuire (approche par séquence)
Appliquer la séquence éviter‑réduire‑compenser aux aménagements cynégétiques signifie d’abord choisir le site en tenant compte des habitats sensibles et des éléments de continuité écologique. Éviter, c’est par exemple privilégier des zones déjà dégradées pour des plantations plutôt que d’intervenir dans des prairies d’intérêt, ou décaler un chantier hors des périodes sensibles pour la faune.
Réduire implique d’adapter les modalités d’intervention : réduire l’emprise des travaux, limiter le dérangement pendant les périodes de reproduction, planifier les opérations pour minimiser la fragmentation des habitats. Compensez, uniquement lorsque les impacts restent inévitables, par des mesures proportionnées et localement pertinentes, documentées et concertées avec les partenaires territoriaux.
Maintenir ou restaurer les continuités écologiques est un principe transversal. L’OFB rappelle qu’un maillage paysager ouvert et fonctionnel, sans engrillagement excessif, favorise la circulation et la résilience des populations de faune. Les aménagements doivent donc s’inscrire dans une logique de connectivité et d’intégration paysagère plutôt que d’isolement d’îlots favorables.
Aménagements conseillés (quoi faire — principes et précautions)
Haies et bocage. Les guides territoriaux du Parc Oise‑Pays de France et les recommandations de la fédération départementale des chasseurs préconisent l’usage d’essences locales et d’un mélange d’essences mellifères et fruitières. Les haies jouent plusieurs rôles : abri, corridors, brise‑vent. Les précautions consistent à éviter les plantations dans les zones où elles remplaceraient des habitats prioritaires et à planifier leur implantation en fonction du diagnostic local.
Jachères et bandes enherbées. Les jachères et bandes enherbées sont recommandées pour la petite faune. Leur gestion doit intégrer des périodes de non‑broyage et tenir compte des périodes de nidification. Des guides locaux et le programme Agrifaune fournissent des repères méthodologiques. Il faut coordonner les périodes de gestion avec les exploitations agricoles et les partenaires locaux.
Mares et zones humides. Créer ou restaurer des mares enrichit la biodiversité aquatique et les ressources pour la faune. Un diagnostic hydrologique et une évaluation des impacts sont nécessaires avant toute intervention. Les gestionnaires doivent se conformer aux prescriptions locales et s’assurer que la création de points d’eau n’affecte pas négativement des zones protégées ou des usages agricoles.
Structures de refuge. Tas de bois, talus, haies d’essences locales et nichoirs constituent des éléments simples pour augmenter l’habitat. Les recommandations territoriales renvoient à des fiches techniques locales pour la conception et l’emplacement de ces structures. Les guides départementaux listent des solutions adaptées au contexte local.
Agrainage et affouragement. Ces pratiques sont encadrées par les SDGC et peuvent être soumises à des limites règlementaires selon le département. Avant toute mise en place, il faut se référer au SDGC local et aux services compétents pour connaître les conditions et éviter des conséquences négatives en termes sanitaires ou écologiques.
Bonnes pratiques de gestion et calendrier (qui fait quoi, quand)
La planification annuelle doit associer agriculteurs, gestionnaires, chasseurs, OFB et collectivités. Le programme Agrifaune et le SDGC recommandent la concertation pour définir qui réalise quelles opérations et à quel moment. Le calendrier tient compte des périodes reproductrices et de l’activité agricole locale.
Certaines interventions doivent être évitées pendant la nidification et la présence de juvéniles. Pour d’autres, comme les plantations, il faut privilégier des fenêtres climatiques adaptées et des modalités qui limitent le travail du sol. Les pratiques d’entretien doivent aussi viser à réduire l’utilisation de traitements phytosanitaires et favoriser des techniques compatibles avec la biodiversité.
La gestion adaptative suppose un suivi minimal et des ajustements en fonction des observations. Les partenaires locaux (fédération des chasseurs, chambre d’agriculture, OFB) peuvent aider à définir des protocoles de suivi et des priorités d’intervention.
Cas particuliers et risques à éviter
Proximité d’espaces naturels sensibles (ENS) ou de zones humides protégées : ces secteurs exigent une étude préalable et le respect de prescriptions spécifiques des collectivités. Les documents du Département de l’Oise et les guides locaux rappellent qu’il faut s’assurer de la compatibilité des aménagements avec les objectifs de conservation des ENS.
Engrillagement excessif et fragmentation. L’OFB alerte sur les conséquences négatives de l’engrillagement et sur la nécessité de préserver les continuités écologiques. Toute mise en place de clôtures ou de dispositifs limitant la circulation de la faune doit être évaluée et justifiée par une analyse des impacts.
Risques sanitaires et gestion des populations. Les questions liées à la santé animale, aux dérives de la densité des populations ou aux conflits avec d’autres usages doivent être traitées par les instances compétentes et renvoyées au SDGC et aux services de l’État pour les mesures de régulation adaptées.
Qui contacter et ressources locales (liens actionnables)
Avant tout chantier ou projet d’aménagement, prendre contact avec :
- la Fédération départementale des chasseurs (page Aménagements) ;
- l’Office français de la biodiversité (pour Agrifaune et conseils sur continuités écologiques) ;
- les services de l’État compétents pour consulter le SDGC de l’Oise et les textes réglementaires ;
- la chambre d’agriculture et les collectivités locales, en particulier pour les politiques ENS et les projets territoriaux.
Consulter les documents mentionnés (SDGC Oise 2025-2031, évaluation environnementale, guides du Parc Oise‑Pays de France, pages OFB et Agrifaune) permet d’aligner un projet sur les prescriptions locales et nationales.
Bloc encadré — avertissements et limites
Le présent texte est une information générale. Il ne remplace pas un diagnostic local ni un avis d’instances compétentes. Aucune promesse de résultat n’est fournie. Pour la mise en œuvre, les acteurs compétents à consulter sont la Fédération départementale des chasseurs, l’OFB, les services de l’État et la chambre d’agriculture. Vérifier toujours les prescriptions locales avant travaux.

Rédactrice · chasse durable, équipements de chasse, conseils pratiques
Lucie couvre les tendances émergentes en matière de chasse durable et d'équipements de chasse pratiques. Elle s'assure de vérifier chaque information auprès de sources fiables et d'experts pour garantir l'exactitude de ses articles.


